C’est moi l’artiste !

Le MCR vous propose cette magnifique prière de Charles Péguy (1873-1914), écrivain et poète socialiste français qui va se convertir au Catholicisme et mourir sur le champ de bataille de l’Ourcq en 1914 lors de la première guerre mondiale.

« C’est moi l’Artiste, dit Dieu ! Tu es mon vase d’argile. C’est moi qui t’ai modelé, façonné …

Une merveille au creux de ma Main ! Tu n’es pas encore achevé, tu es en train de prendre la « forme » de mon Fils.

 Voici que tu te désoles et que tu désespères parce que tu as pris quelques fêlures au contact des autres.

Tu t’es heurté, tu as été ébréché, tu as même pu tomber par terre te briser et tomber en mille morceaux ! Fêlures, éraflures, lézardes, brisures, cassures, ratures…..

N’oublie pas, c’est ta condition de vase. Si je t’avais rangé dans un placard à vaisselle tu ne connaîtrais pas ces heurts de la vie mais tu ne servirais à rien, ni à personne ! Tu serais un vase inutile !

Moi, dit Dieu, j’aime les vieux vases, un peu usés, un peu ébréchés. Ils ont toute une histoire !

 Et toi, tu voudrais être lisse comme un nouveau-né ? Je te connais, ô toi que j’ai façonné, pétri avec tant d’amour ! Je ne voudrais pas que tu te désoles de tes ratées ! Tu es fait de boue et de lumière ! Tu es fait pour servir !

Á ne regarder que tes failles, tes faiblesses et tes chutes, tu te centres encore trop sur toi-même et tu restes prisonnier de tes failles !

C’est moi l’Artiste et je m’y connais dans l’art de reprendre un vase. Laisse toi faire !

Je suis l’Artiste, c’est moi qui moule, qui pétris, qui donne la forme.

Toi, mon vase d’argile, viens te glisser au creux de mes mains paternelles, laisse toi pétrir, abandonne toi longuement à mon travail de potier. Expose-moi tes fêlures, tes brisures, tes cassures.

J’aime à faire du neuf. J’aime à te regarder. Viens et n’aie plus peur ! Chaque fois que tu retombes dans ces fautes que tu voudrais ne plus commettre, je te dis : » le pardon est là !

Viens et continuons ensemble ! » J’aime à te regarder, voir les efforts que tu fais et tout le mal que tu te donnes. J’en éprouve grande joie et tu réjouis mon Cœur ! Je vois combien tu te transformes.

Á l’abri de tes regards, je te modèle à l’image du Fils bien aimé ! Tout ce que je te demande c’est de venir toujours et à nouveau, après chaque chute, entre mes Mains, pour me donner la joie de te remodeler. Allons, n’aie pas peur : C’est Moi ton Père, c’est moi l’Artiste ! »

Ainsi soit-il.

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